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vendredi, 19 mai 2006

Correction évaluation 3ème C

Correction de l'évaluation 3ème C

Antigone de Jean ANOUILH

1) Se reporter à la fiche distribuée en cours.

2) La première réaction de Créon, lorsque les gardes amènent Antigone qu'ils ont surprise en train d'accomplir les rites funéraires sur le corps de Polynice, est l'interrogation. Créon est étonné, en colère et très vite il se calme. Derrière cette apparente bonhommie se cache la volonté de dissimuler le crime d'Antigone : il ne veut pas qu'elle soit condamnée, il est presque paternel avec elle. Il a le pouvoir de contraindre les gardes au silence mais cette proposition est refusée par Antigone qui préfère mourir.

3) La première nécessité d'Antigone est de rendre les rites funèbres à son frère Polynice mais cette cérémonie symbolise, au-delà de l'aspect rituel, une certaine volonté de se détacher des lois humaines et de leur inanité incarnées par Créon et son décret. Créon, incarnation des compromis et des contingences terrestres ainsi que l'injustice du pouvoir, tente d'arracher Antigone de son destin tragique. Antigone est motivée par son refus des compromis et du crime et s'enferme dans un certain courage, une volonté absolue. D'un caractère sauvage, Antigone est l'image même de l'héroïne tragique car en refusant la discussion et en jouissant de sa liberté d'agir, elle se condamne : elle est déterminée à mener un combat dont elle connaît l'issue. C'est une lutte vaine contre un destin établi, une force supérieure.

4) La mort d'Antigone est racontée par le Messager dans la tirade où il annonce également le suicide de Hémon par amour pour Antigone après que Créon a tenté de le sauver. Par ordre de Créon, elle devait être emmurée vivante mais Hémon a réussi à la rejoindre. Antigone s'est pendue avec les fils de sa ceinture ("des fils bleus, des fils verts, des fils rouges qui lui font comme un collier d'enfant").

5) La didascalie est le terme technique qui désigne les indications scéniques (et muettes !) données par l'auteur.
Le théâtre classique du XVIIème siècle a établi une codification précise dans un souci de vraisemblance et surtout de bienséance, en des principes d'unité qui se déclinent en trois règles:
- unité de lieu (l'action s'installe dans un lieu unique et polyvalent)
- unité de temps (les péripéties se ressèrent en 24 heures)
- unité d'action (les intrigues secondaires ou anecdotiques ne sont pas montrées sur scène : l'intérêt dramatique se concentre sur l'action principale)
Il existe une quatrième unité qui est l'unité de ton.

6) A la première représentation de la tragédie de Jean Anouilh à Paris en 1944, les opinions divergent sur le sens symbolique de ce mythe antique actualisé et voulant toucher la sensibilté moderne. En effet, des journalistes proches du régime de Vichy voient dans Antigone une figure de vulgaire terroriste incarnant une résistance d'anarchistes et de voyous. Toutefois pendant la radicalisation de ce régime, d'autres journalistes voient dans le personnage d'Antigone un symbole de révolte contre l'absurdité d'un pouvoir injuste et sans pitié, le refus de la collaboration avec une force d'Occupation qui serait incarnée par Créon.

7) Créon révèle à Antigone qu'après la terrible bataille entre Etéocle et Polynice devant les portes de la ville pour le pouvoir les corps étaient impossibles à identifier : "ils étaient en boullie (...) méconnaissables". Et que pour offrir les "imposantes funérailles" à Etéocle il a ordonné que soit ramassé le corps "le moins abîmé des deux". Egalement, Créon dresse un portrait des deux frères très critiques et les présente comme de vulgaires débauchés avides de pouvoir et d'argent.

8) Née de l'inceste entre Oedipe et Jocaste, Antigone est poursuivie par la malédiction qui pèse sur sa famille. Ses deux frères, Etéocle et Polynice, se disputent le trône à la mort de leur père et s'entretuent. Leur oncle Créon devenu roi de Thèbes interdit qu'on inhume le corps de Polynice. Mais Antigone éprise de justice, brave les ordres de Créon et tente durant la nuit de recouvrir de terre le cadavre de Polynice selon le rite funéraire. Elle est condamnée à être emmurée vivante tandis que Hémon, le propre fils de Créon, se suicide.

9) L'origine de l'histoire d'Antigone se trouve dans la mythologie grecque et découle du mythe d'Oedipe, c'est l'histoire des Labdacides, la dynastie royale de Thèbes. Ce mythe est repris par plusieurs auteurs et le premier est l'auteur grec Sophocle au Vème siècle avant Jésus Christ. Anouilh modernise le mythe en publiant son texte en 1942 qui sera joué ensuite deux ans plus tard.

10) Cette pièce appartient au genre du théâtre et plus précisément est une tragédie.

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